Mémoire DIU — Tabacologie & aide au sevrage · 2024–2025

Le sevrage tabagique
en milieupénitentiaire

Enquête menée dans les établissements carcéraux lillois auprès des personnes détenues, des professionnels de santé et de l'administration pénitentiaire — pour identifier les freins et lever les obstacles à l'arrêt du tabac en détention.

IL

Iris Lemarquis

Infirmière diplômée d'état · CHU de Lille · Sous la direction du Dr Emmanuel Luneau
73%
de fumeurs parmi les personnes détenues, contre 25 % dans la population générale (OFDT 2024)
~70%
des détenus expriment une intention d'arrêt du tabac — identique à la population générale
3
populations interrogées : détenus, professionnels de santé, administration pénitentiaire
Ce que l'enquête révèle

Principaux résultats

Personnes détenues

Majorité d'hommes de 26–45 ans, suivis en psychiatrie à plus de 60 %, avec une forte prévalence de co-addictions. 35,9 % présentent une dépendance forte au tabac.

Personnes détenues

L'incarcération (stress, ennui, incertitude) est le premier frein à l'arrêt. Le tabac joue un rôle de régulateur émotionnel et de rituel social difficile à dissocier du quotidien.

Professionnels de santé

64,3 % sont habilités à prescrire des substituts nicotiniques, mais moins de la moitié le font — faute d'habilitation logicielle et de formation. Les idées reçues sur la motivation des patients persistent.

Professionnels de santé

Les soignants ayant délivré un conseil minimal d'arrêt ont un impact direct sur l'intention d'arrêt des patients. La formation est le levier principal identifié.

Administration pénitentiaire

Les personnels reconnaissent le rôle central du tabac en détention — comme outil d'apaisement et monnaie d'échange. Ils pointent le manque d'activités et l'absence de collaboration avec l'unité sanitaire.

Système de prise en charge

Patients et soignants ont identifié les mêmes aides au sevrage. La coordination entre santé et administration pénitentiaire est préconisée par les textes mais insuffisamment mise en œuvre.

Axes d'amélioration

Recommandations issues de l'enquête

01
Former les professionnels de santé et les personnels pénitentiaires

Les soignants formés appliquent davantage le conseil minimal — levier direct sur l'intention d'arrêt des patients. La formation doit couvrir soignants et personnels de l'AP, pour combattre les idées reçues et améliorer la prescription de substituts nicotiniques.

02
Renforcer la collaboration entre l'unité sanitaire et l'administration pénitentiaire

L'AP peut orienter les fumeurs en difficulté vers l'USMP et faciliter l'organisation d'actions de prévention. Cette collaboration est préconisée par les textes réglementaires mais reste insuffisamment mise en œuvre sur le terrain.

03
Intégrer un accompagnement psychologique adapté

Entretien motivationnel, travail sur l'estime de soi, gestion des émotions, relaxation, TCC : le soutien psychologique doit être structuré en réponse aux fonctions apaisantes du tabac en contexte carcéral.

04
Envisager une approche de réduction des risques

Face aux difficultés du sevrage complet dans un environnement stressant, la réduction de consommation ou le recours à la cigarette électronique peuvent constituer une première étape réaliste et une entrée dans la relation de soin.

05
Développer des espaces sans tabac et des programmes d'accompagnement structurés

Ces projets peuvent faire l'objet d'appels à projet auprès des organismes d'état (PNLT 2023-2027, Stratégie décennale cancer, Feuille de route santé PPSMJ 2024-2028) pour un financement dédié.

Protocole de recherche

Méthode et terrain d'enquête

01
Personnes détenues fumeuses

Auto-questionnaires papier portant sur le tabagisme, les difficultés ressenties et les demandes d'aide au sevrage

02
Professionnels de santé

Auto-questionnaires papier analysant les pratiques, les difficultés et les besoins supposés de la population carcérale

03
Administration pénitentiaire

Entretiens individuels pour connaître le positionnement des personnels dans la lutte contre le tabac en détention

Étude menée sur l'ensemble des structures carcérales lilloises — Centre Pénitentiaire d'Annœullin et Maison d'arrêt de Loos — couvrant les trois catégories d'acteurs impliqués dans la prise en charge du tabagisme en détention. Année 2024–2025.

Document complet

Accéder au mémoire

Ce mémoire a été réalisé dans le cadre du Diplôme Inter-Universitaire de Tabacologie et aide au sevrage tabagique (2024–2025), sous la direction du Dr Emmanuel Luneau au CHU de Lille.

Il constitue la première étude croisée menée auprès des trois populations concernées par le sevrage tabagique dans le secteur pénitentiaire lillois — détenus, soignants et administration pénitentiaire.

Mémoire complet — Sevrage tabagique en milieu pénitentiaire

Iris Lemarquis · DIU Tabacologie · 2024–2025
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Iris Lemarquis — Infirmière diplômée d'état, CHU de Lille

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